Dormitory, Mondeggi, September 2020
Abandoned building, Mondeggi, September 2020
Olive fields, Mondeggi, September 2020
Breakfast, Mondeggi, October 2020
Farm life, Mondeggi, September 2020
Daily work, Mondeggi, September 2020
Wine testing, Mondeggi, September 2020
Arborist work, Mondeggi, September 2020
Bed sheet drying, Mondeggi, September 2020
Moment of rest, Mondeggi, September 2020
After lunch, Mondeggi, September 2020
Diner preparation, Mondeggi, September 2020
General assembly, Mondeggi, September 2020
Mondeggi, September 2020
Party, Mondeggi, September 2020
« Farm without owners ». This is how Mondeggi is now introduced on a sign at the end of the road that leads from a small town in the outskirts of Florence to this former agricultural and wine estate. Historically owned by a branch of the Medici family, this estate of several hundred hectares later came under the administration of the Tuscany region. In the mid-1980s, following a succession of harsh winters and natural disasters, the region decided to replant more than 10,000 olive trees and to develop the production of Chianti wine, later sold at a regulated price. Gradually, the nepotism of the appointed administrators and their quasi-criminal management of the estate for the benefit of their entourage bankrupted it, leaving it with a colossal debt, forcing the Tuscany region to order the abandonment of the farmland in 2009 pending a possible takeover or sale of the estate. 
In 2012, the local committee of the "Genuino Clandestino" network, an organisation of small producers promoting an organic and farmer-driven agriculture and opposing the commodification of agricultural land for real estate speculation, became aware of the existence of the abandoned Mondeggi estate and saw it as a symbol of its political struggle criticising forms of state or private ownership of agricultural land. The estate was first used as a meeting and assembly place, but at the same time a dialogue with the regional institutions was undertaken to propose a legal framework for the takeover of the estate in the form of an "emerging community" of people wishing to live on and from the Mondeggi land according to organisational principles based on the consensus method  for decision making and implementing socially oriented projects for the people living in the surrounding area.
In 2014, in the wake of the campaign of liberalisations, part of the austerity policy mix of the Italian government, this dialogue was broken off and the region brutally and unilaterally decided to put the estate up for sale. Faced with a fait accompli, the local committee then undertook the physical and permanent occupation of the areas (buildings and land) with the aim of making it more difficult legally to sell the land, to be able to monitor and oppose the activities undertaken by the region concerning the land, and also to begin in situ to put into practice the community life project that had emerged within the committee. 
Today, the "Mondeggi Bene Comune" project is composed of between 25 and 30 people living in 3 houses, whose renovation, still in progress, has been carried out collectively by the community members. The agricultural activities of olive oil and wine production have been complemented by activities of cereal cultivation allowing for the production of bread and beer, activities of cultivation of medicinal herbs as well as the continuation of a nomadic beekeeping experience. These products are then sold on local markets to generate income and the cultivation of a vegetable garden provides a large part of the community's food supply. The exploitation of the huge olive grove is based on an original organisational method aiming at popular participation and the construction of a sustainable extended community around the Mondeggi project. The olive grove has thus been divided into several hundred plots, each containing about thirty olive trees, whose maintenance throughout the year is left to the individual responsibility of about 200 people. On the other hand, the olive harvest is carried out in common over a period defined collectively and all the olive oil resulting from the processing of the harvest is then divided equally among all the members of the project.
Decisions about the collective life of the community, both in its practical and daily aspects of organising work tasks as well as in the definition of the more political objectives of the struggle related to the occupation, are taken together in a horizontal way during the weekly assembly. The community also offers hospitality to people who wish to immerse themselves in its daily life for several days or weeks. The Mondeggi project is also part of the global political struggle for the establishment of « commons", that allow for the free and equal participation of everyone in projects aimed at emancipating certain activities from the reign of their commodification. 
Part of this series was produced during the annual meeting "Taking root" of the Rete Nazione Beni Comuni Emergenti e ad Usa Civico (National Network of Emerging and Citizen's Commons), a meeting place for dialogue and collective thinking on the many initiatives in Italy that identify with the notion of "commons", which was hosted by Mondeggi from 26 September to 1 October 2020.

Texte : Adrien Lagouge 
Photos : Corentin Schimel
« La ferme sans patrons ». C’est ainsi que se présente désormais Mondeggi, sur le panneau placé au bout du chemin qui mène d’une petite ville de la proche banlieue de Florence vers cet ancien domaine agricole et viticole. Historiquement propriété d’une branche de la famille Médicis, ce domaine de plusieurs centaines d’hectares passe ensuite sous l’administration de la région de Toscane. Au milieu des années 1980, à la suite d’une succession d’hivers rigoureux et de catastrophes naturelles, la région décide d’y replanter plus de 10 000 oliviers et d’y développer la production viticole de Chianti vendu à prix réglementé. Progressivement, le népotisme des administrateurs désignés ainsi que leur gestion quasi-criminelle du domaine au profit de leur entourage le mettent en faillite, laissant une dette colossale obligeant la région de Toscane à ordonner en 2009 l’abandon des terres agricoles dans l’attente d’une éventuelle reprise ou mise en vente du domaine. 
En 2012, le comité local du réseau « Genuino Clandestino », organisation de petits producteurs promouvant l’agriculture biologique et paysanne et s’opposant à la marchandisation des terres agricoles et à la spéculation immobilière, prend connaissance de l’existence du domaine abandonné de Mondeggi et y voit comme un symbole de sa lutte politique critiquant les formes de propriété étatique ou privée du foncier agricole. Le domaine est tout d’abord utilisé comme lieu de rencontre et d’assemblée mais, en parallèle, est entrepris un travail de dialogue avec les institutions régionales pour proposer un cadre légal de reprise du domaine sous la forme d’une « communauté de vie émergente » de personnes souhaitant vivre sur et de la terre de Mondeggi selon des principes d’organisation basés sur la méthode de consensus et mettant en oeuvre des projets à vocation sociale tournés vers les personnes habitant la région environnante.
En 2014, dans la foulée de la campagne de libéralisations inscrite dans le cadre de la politique d’austérité menée par le gouvernement italien, ce dialogue est rompu et la région décide brutalement et unilatéralement de remettre en vente le domaine. Mis devant le fait accompli, le comité local entreprend alors l’occupation physique et permanente des lieux (bâtiments et terrains) dans le but à la fois de rendre plus difficile juridiquement leur mise en vente, d’être en mesure de surveiller et de s’opposer aux activités entreprises par la région concernant ces terres mais également de commencer in situ à mettre en pratique le projet de vie communautaire qui avait émergé au sein du comité. 
Aujourd’hui, le projet « Mondeggi Bene Comune » est composé d’entre 25 et 30 personnes habitant dans trois maisons, dont la réfection, toujours en cours, a été menée collectivement par les membres de la communauté. Les activités agricoles de production d’huile d’olive et de vin ont été complétées par des activités de culture de céréales permettant une production de pain et de bière, des activités de culture d’herbes médicinales ainsi que de la poursuite d’une expérience d’apiculture nomade. Ces différents produits sont ensuite vendus sur des marchés locaux afin de générer des revenus et la culture d’un potager permet en grande partie la subsistance alimentaire de la communauté. L’exploitation de l’immense oliveraie repose sur un mode d’organisation original visant la participation populaire et la construction d’une communauté élargie durable autour du projet de Mondeggi. L’oliveraie a ainsi été découpée en plusieurs centaines de parcelles, regroupant chacune une trentaine d’oliviers, dont l’entretien tout au long de l’année est laissé à la responsabilité individuelle d’environ 200 personnes. La cueillette des olives est en revanche réalisée en commun sur une période définie collectivement et toute l’huile d’olive issue de la transformation de la récolte est ensuite répartie à parts égales entre l’ensemble des membres du projet.
Les décisions concernant la vie collective de la communauté, à la fois dans ses aspects pratiques et quotidiens de l’organisation des tâches ainsi que dans la définition des objectifs plus politiques de lutte liés à l’occupation, sont prises en commun de manière horizontale lors de l’assemblée hebdomadaire. La communauté offre également l’hospitalité à des personnes de passage qui souhaitent s’immerger dans son quotidien pendant plusieurs jours ou semaines dans le but de découvrir cette forme de vie particulière. Le projet Mondeggi s’inscrit également dans la lutte politique concernant  l’institution de « communs » permettant la libre et égale participation de tous à des projets visant à émanciper certaines activités du règne de leur marchandisation. 
Cette série a ainsi notamment été réalisée lors de la rencontre annuelle « Prendre racine » du Rete Nazione Beni Comuni Emergenti e ad Usa Civico (réseau national des biens communs émergents et à usage citoyen), lieu de rencontre, de dialogue et de réflexion autour des nombreuses initiatives sur le territoire italien se reconnaissant dans la notion de « biens communs » et qui a été accueillie sur le domaine de Mondeggi du 26 septembre au 1er octobre 2020.
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